19 Juin Le fonds Fernand Lejeune
Le Spa ! museum – Musée de la Ville d’eaux conserve un ensemble de toiles du peintre spadois Fernand Lejeune (Spa, 1909-1998), témoin d’une longue carrière artistique. Ce ne sont pas moins de treize toiles qui font partie des collections muséales, acquises au fil du temps sous la forme de dons ou d’achats, dont la plus récente remonte à octobre 2025.
« Il faut présenter du neuf…ou rester tranquille et cultiver plutôt son jardin… »
(Fernand Lejeune, 1952)
Décrit comme le plus original des peintres de la région spadoise, Fernand Lejeune développe une œuvre résolument contemporaine, à la croisée de la figuration, du surréalisme et de l’abstraction.
C’est en autodidacte qu’il découvre le troisième art. Le décès prématuré de son père l’oblige à interrompre ses études secondaires afin de subvenir aux besoins de sa famille. Il deviendra boucher, sans toutefois renoncer à son attirance pour la peinture. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce qui n’était jusque-là qu’un passe-temps se transforme en une passion. Avec les conseils de son ami Maurice Pottier (Spa, 1900-1946) et de peintres liégeois (Scauflaire, Debattice, Zabeau…), il élabore progressivement un langage plastique qui lui est propre. A partir de sujets et de formes puisés dans la nature, il invente un univers particulier.
Ses compositions, souvent énigmatiques, stimulent l’imaginaire du spectateur. Dans chacun de ses tableaux, l’homme, l’animal, le végétal s’entremêlent et se confondent, s’affrontent ou s’unissent, jusqu’à créer de véritables visions oniriques. La forme, l’espace et la couleur surtout traduisent ce rêve. Cette dernière est réinventée, faite d’ocres, de bleus, de rouges carminés ou de bruns terreux.
Qu’il l’ait voulu ou non, l’œuvre de Fernand Lejeune demeure profondément marquée par sa terre natale et ses racines ardennaises. Mais, au-delà de cet ancrage, elle est avant tout animée par le souffle de l’homme et par une quête incessante de renouvellement.


